Le salaire d’un professeur agrégé suscite de nombreuses interrogations, que vous envisagiez de passer le concours ou que vous cherchiez à mieux comprendre votre fiche de paie actuelle. Entre la grille indiciaire, les primes diverses et les écarts avec un professeur certifié, difficile d’y voir clair. Dans cet article, vous découvrirez précisément combien gagne un enseignant agrégé selon son ancienneté, les éléments qui composent sa rémunération et les variations possibles selon le contexte d’exercice. De quoi vous projeter sereinement dans cette carrière ou mieux comprendre votre situation actuelle.
Comprendre en un coup d’œil le salaire d’un professeur agrégé

Avant de plonger dans les détails techniques, voici une vue d’ensemble des niveaux de rémunération d’un professeur agrégé. Cette vision globale vous permet de situer rapidement où vous vous trouvez dans la grille salariale ou d’anticiper votre évolution future.
Panorama du salaire d’un professeur agrégé en début et milieu de carrière
Un professeur agrégé débute sa carrière avec un traitement brut mensuel d’environ 2 300 euros au premier échelon. Cette base salariale augmente progressivement grâce aux passages d’échelons, définis par l’ancienneté. Au bout de dix ans d’exercice, un agrégé se situe généralement autour du 7e ou 8e échelon, ce qui correspond à un traitement brut mensuel compris entre 3 100 et 3 400 euros.
Cette progression est identique partout en France, que vous enseigniez à Strasbourg ou à Marseille. Seul l’indice majoré compte, et il évolue de façon mécanique selon votre ancienneté dans le corps. Aucune négociation individuelle n’est possible : la grille s’applique à tous de la même manière.
Combien gagne un professeur agrégé en fin de carrière dans l’Éducation nationale ?
En fin de parcours, un professeur agrégé atteint le dernier échelon de la classe normale, soit environ 4 400 euros brut mensuel. Mais la carrière ne s’arrête pas là. L’accès à la hors-classe permet de franchir un nouveau palier, avec un traitement pouvant dépasser 4 800 euros brut. Les enseignants les plus expérimentés peuvent également accéder à la classe exceptionnelle, qui porte la rémunération maximale à près de 5 500 euros brut par mois.
Ces montants restent des traitements de base, avant ajout des primes et indemnités. Les revalorisations menées depuis 2023 ont permis d’améliorer légèrement ces grilles, notamment en début et milieu de carrière.
Différences de salaire entre professeur agrégé et professeur certifié à poste équivalent
À ancienneté comparable, un professeur agrégé gagne sensiblement plus qu’un certifié. Par exemple, après dix ans d’exercice, l’écart se situe autour de 400 à 500 euros brut mensuels en faveur de l’agrégé. Cette différence s’explique par le niveau du concours et la grille indiciaire associée, qui valorise davantage le corps des agrégés.
Les deux profils enseignent dans les mêmes établissements, mais l’agrégé bénéficie d’un service hebdomadaire légèrement allégé : 15 heures en lycée contre 18 heures pour un certifié. Cet avantage statutaire s’ajoute à l’écart salarial pour expliquer l’attractivité du concours de l’agrégation.
| Ancienneté | Professeur certifié (brut) | Professeur agrégé (brut) | Écart |
|---|---|---|---|
| Début de carrière | ~2 000 € | ~2 300 € | +300 € |
| 10 ans | ~2 800 € | ~3 300 € | +500 € |
| Fin de carrière | ~3 700 € | ~4 400 € | +700 € |
Les éléments qui composent la rémunération d’un professeur agrégé

Le bulletin de salaire d’un professeur agrégé comporte plusieurs lignes au-delà du simple traitement de base. Comprendre ces composantes permet d’anticiper les variations mensuelles et de mieux saisir pourquoi deux collègues au même échelon peuvent percevoir des montants différents.
Comment fonctionne la grille indiciaire et l’évolution par échelons pour un agrégé ?
La grille indiciaire repose sur un système d’indices majorés. Chaque échelon correspond à un indice précis, multiplié par la valeur du point d’indice pour obtenir le traitement brut mensuel. En 2025, la valeur du point d’indice est de 4,92 euros.
Par exemple, un agrégé au 5e échelon possède un indice majoré de 580. Son traitement brut se calcule ainsi : 580 × 4,92 = 2 854 euros brut. Le passage d’un échelon à l’autre dépend uniquement de l’ancienneté, avec des durées variables selon le niveau : entre un an et demi et quatre ans selon les échelons. Certains enseignants bénéficient d’un avancement accéléré grâce à l’inspection pédagogique ou à des critères de mérite.
Primes, indemnités et heures supplémentaires : ce qui fait varier le salaire net
Au-delà du traitement indiciaire, plusieurs compléments viennent s’ajouter. L’ISOE (Indemnité de Suivi et d’Orientation des Élèves) représente environ 1 200 euros brut par an pour un professeur principal, et moitié moins pour les autres. Cette prime se verse mensuellement et concerne tous les enseignants du second degré.
Les heures supplémentaires constituent le poste le plus variable. Une HSA (Heure Supplémentaire Annuelle) rapporte environ 1 300 euros brut par an, tandis que les HSE (Heures Supplémentaires Effectives) sont payées ponctuellement selon les besoins de remplacement ou de projets. Un agrégé en lycée qui assure deux HSA touche donc près de 220 euros brut supplémentaires par mois.
D’autres indemnités existent selon les missions : coordination de discipline, référent numérique, formation de collègues ou exercice en éducation prioritaire. Ces primes peuvent cumuler plusieurs centaines d’euros mensuels et expliquent les écarts entre collègues.
Effets du temps partiel, du remplacement et des missions complémentaires sur la paie
Un enseignant qui choisit un temps partiel à 80 % voit son traitement réduit dans les mêmes proportions, ainsi que certaines primes. Cette option permet de mieux concilier vie professionnelle et personnelle, mais impacte directement la rémunération nette et la retraite future.
Les professeurs agrégés qui effectuent des remplacements ponctuels ou assurent des missions complémentaires (jurys d’examens, formations académiques) perçoivent des indemnités spécifiques, parfois calculées à la vacation. Ces montants varient chaque mois selon l’activité réelle, ce qui peut compliquer la gestion budgétaire personnelle.
Enfin, certaines fonctions donnent droit à des décharges horaires tout en conservant l’intégralité du traitement, voire en y ajoutant une prime. C’est notamment le cas pour les coordonnateurs de discipline ou les tuteurs de stagiaires.
Contexte d’exercice, évolution de carrière et perspectives de salaire
Le salaire d’un professeur agrégé ne dépend pas seulement de son ancienneté. Le lieu d’affectation, le type d’établissement et les perspectives de carrière jouent aussi un rôle déterminant dans la rémunération globale et le pouvoir d’achat réel.
Enseigner en lycée, en CPGE ou à l’université : quelles différences de rémunération ?
En lycée général ou technologique, un professeur agrégé assure 15 heures hebdomadaires de cours. Sa rémunération suit la grille indiciaire nationale, complétée par les primes habituelles. En classes préparatoires, le service peut être légèrement différent et certaines missions spécifiques (khôlles, corrections de concours blancs) donnent lieu à des rémunérations complémentaires sous forme d’HSE.
Les agrégés affectés dans le supérieur en tant que PRAG (Professeur Agrégé affecté dans l’Enseignement Supérieur) conservent leur grille indiciaire, mais leur service est fixé à 384 heures annuelles, soit environ 15 heures hebdomadaires sur 26 semaines. Ils peuvent aussi bénéficier de primes de recherche ou d’encadrement selon leur établissement d’affectation.
Dans tous les cas, la grille de base reste identique. Ce sont les missions annexes et le contexte d’exercice qui créent les écarts de rémunération réelle.
Pourquoi le lieu d’affectation et les indemnités de résidence peuvent changer la donne ?
L’indemnité de résidence varie selon trois zones géographiques. En zone 1 (Paris et communes limitrophes), elle représente 3 % du traitement brut. En zone 2 (agglomérations de plus de 200 000 habitants), elle tombe à 1 %. En zone 3, elle est nulle. Pour un traitement mensuel de 3 000 euros, cela représente un écart de 90 euros brut entre Paris et la province.
Certaines affectations ouvrent droit à des primes spécifiques. En éducation prioritaire renforcée (REP+), l’indemnité peut atteindre 1 734 euros net par an. En zone rurale isolée, d’autres dispositifs existent pour compenser l’éloignement. Ces compléments améliorent sensiblement le pouvoir d’achat, surtout en début de carrière.
Quelles perspectives de carrière et de revalorisation pour les professeurs agrégés ?
Au fil des années, un professeur agrégé peut accéder à la hors-classe, généralement après une vingtaine d’années de carrière. Ce passage permet de franchir un nouveau palier salarial, avec un traitement culminant autour de 4 800 euros brut. La classe exceptionnelle, encore plus sélective, offre une rémunération maximale proche de 5 500 euros brut.
D’autres parcours permettent d’évoluer : passer l’inspection (IPR ou IA-IPR), devenir chef d’établissement adjoint puis principal ou proviseur, ou se détacher dans l’enseignement supérieur pour exercer en tant que maître de conférences. Ces postes à responsabilité s’accompagnent de grilles indiciaires distinctes, souvent plus avantageuses.
Enfin, les réformes de la fonction publique peuvent modifier les grilles et les primes. Depuis 2023, plusieurs revalorisations ont été annoncées pour améliorer l’attractivité du métier d’enseignant. Suivre l’actualité statutaire permet d’anticiper ces évolutions et de mieux planifier sa carrière.
Questions fréquentes sur le salaire des professeurs agrégés
Certaines interrogations reviennent régulièrement dans les échanges entre enseignants ou candidats à l’agrégation. Voici les réponses aux questions les plus courantes pour clarifier les zones d’ombre.
Le salaire d’un professeur agrégé est-il vraiment attractif face au niveau d’études requis ?
Le concours de l’agrégation demande un niveau académique élevé, généralement un master 2, voire davantage selon les disciplines. Comparé à d’autres carrières accessibles avec un bac+5 dans le secteur privé, le salaire d’un agrégé peut sembler modeste, surtout en début de carrière. Un jeune ingénieur ou cadre commercial peut démarrer autour de 2 500 à 3 000 euros net, là où un agrégé débute à environ 1 900 euros net.
Toutefois, la fonction publique offre une sécurité de l’emploi, des perspectives de progression automatiques et un équilibre vie professionnelle-vie personnelle souvent apprécié. Le choix repose donc sur un arbitrage personnel entre rémunération immédiate et autres avantages du statut de fonctionnaire.
Comment estimer son futur salaire d’agrégé selon son âge et son parcours antérieur ?
Avant de passer le concours, beaucoup cherchent à anticiper leur rémunération future. La première étape consiste à consulter la grille indiciaire officielle, disponible sur le site du ministère de l’Éducation nationale. Cette grille indique précisément le traitement brut pour chaque échelon.
Certaines reprises d’ancienneté sont possibles si vous avez exercé auparavant dans le privé, dans une autre administration ou en tant que contractuel de l’Éducation nationale. Ces années peuvent vous faire entrer directement à un échelon supérieur, améliorant ainsi votre salaire de départ. Des simulateurs de paie en ligne, proposés par les syndicats enseignants ou des sites spécialisés, permettent d’affiner cette estimation en tenant compte de votre situation personnelle.
Pourquoi deux professeurs agrégés au même échelon peuvent-ils toucher des montants différents ?
Même à échelon identique, les écarts de salaire net existent. Ils proviennent principalement des heures supplémentaires, des primes liées aux missions (professeur principal, coordination) et de l’indemnité de résidence selon la zone géographique. Un agrégé parisien qui assure deux HSA et exerce en éducation prioritaire percevra plusieurs centaines d’euros de plus qu’un collègue de province sans mission particulière.
Les cotisations sociales et le régime fiscal (nombre de parts fiscales, mutuelle choisie) influencent aussi le net à payer. Dans la salle des professeurs, ces différences peuvent surprendre, mais elles reflètent surtout la diversité des contextes d’exercice et des choix de chacun.
En définitive, le salaire d’un professeur agrégé dépend de nombreux paramètres : ancienneté, lieu d’affectation, missions complémentaires et évolution de carrière. Si la grille indiciaire constitue une base solide et prévisible, les primes et indemnités créent des écarts significatifs d’un enseignant à l’autre. Comprendre ces mécanismes permet de mieux négocier son parcours professionnel et d’anticiper sereinement son évolution salariale.
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