Salaire moyen au vietnam : niveaux de revenus, secteurs et réalités du terrain

Le Vietnam attire chaque année davantage d’investisseurs, d’entrepreneurs et d’expatriés séduits par son dynamisme économique et son coût de la vie attractif. Mais derrière les chiffres moyens se cachent de fortes disparités : entre Hanoï et les provinces rurales, entre le secteur textile et l’ingénierie informatique, entre salariés locaux et expatriés, les revenus peuvent varier du simple au quintuple. Comprendre le salaire moyen au Vietnam, c’est d’abord saisir ces écarts pour évaluer concrètement votre pouvoir d’achat et vos perspectives professionnelles. Ce guide détaille les niveaux de revenus réels par secteur, par ville et par profil, afin que vous puissiez bâtir un projet solide et réaliste dans ce pays en pleine transformation.

Comprendre le salaire moyen au Vietnam aujourd’hui

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Parler de salaire moyen au Vietnam sans préciser le contexte peut mener à des erreurs d’appréciation majeures. Les statistiques nationales englobent des réalités très différentes selon la région, le secteur et le niveau de qualification. Pour poser des repères solides, il faut distinguer salaire moyen, salaire médian et salaire minimum, tout en intégrant les écarts géographiques et le coût de la vie local.

Salaire moyen, médian et minimum au Vietnam : quelles grandes différences de revenus ?

Le salaire moyen national au Vietnam s’établit autour de 7 à 8 millions de VND par mois en 2025, soit environ 280 à 320 euros. Ce chiffre représente une moyenne nationale brute qui inclut tous les secteurs et toutes les qualifications. Toutefois, cette moyenne est tirée vers le haut par les salaires élevés dans certains secteurs et grandes villes, ce qui masque la réalité de nombreux travailleurs.

Le salaire médian, qui sépare la population en deux groupes égaux, se situe plutôt autour de 5 à 6 millions de VND (200 à 240 euros). Cela signifie que la moitié des salariés vietnamiens gagne moins que ce montant, révélant une concentration importante de revenus modestes.

Quant au salaire minimum, il varie selon quatre zones géographiques définies par le gouvernement :

Zone Salaire minimum mensuel (VND) Équivalent en euros
Zone 1 (grandes métropoles) 4 680 000 VND ~185 €
Zone 2 (villes provinciales) 4 160 000 VND ~165 €
Zone 3 (zones semi-rurales) 3 640 000 VND ~145 €
Zone 4 (zones rurales) 3 250 000 VND ~130 €

Ces montants constituent le plancher légal dans le secteur privé et servent de base pour calculer certaines cotisations sociales. Dans les faits, de nombreux employés du textile, de l’agriculture ou de la restauration touchent des salaires proches de ce minimum, surtout hors des grandes villes.

Écarts de salaire entre Hanoï, Hô Chi Minh-Ville et le reste du pays

Les deux métropoles majeures, Hanoï et Hô Chi Minh-Ville, concentrent les sièges sociaux, les multinationales, les startups technologiques et les services à forte valeur ajoutée. Un cadre moyen dans ces villes peut gagner entre 15 et 25 millions de VND (600 à 1 000 euros), voire davantage dans le numérique ou la finance.

À l’inverse, dans les provinces rurales du delta du Mékong ou du nord montagneux, le salaire moyen tourne autour de 4 à 5 millions de VND (160 à 200 euros), proche du salaire minimum régional. Ces écarts s’expliquent par la concentration d’activités à faible valeur ajoutée (agriculture, artisanat, transformation de matières premières) et l’absence de grands employeurs internationaux.

Cette différence a des conséquences directes sur le pouvoir d’achat : à Hô Chi Minh-Ville, un loyer pour un appartement convenable peut absorber 30 à 40 % d’un salaire moyen, tandis qu’en province, le même montant permet de vivre confortablement avec une famille. Les jeunes diplômés migrent massivement vers les grandes villes, créant une pression salariale dans certains secteurs urbains, mais aussi un déséquilibre démographique.

Comment le coût de la vie au Vietnam relativise le niveau des salaires ?

Un salaire de 300 euros peut sembler dérisoire vu d’Europe, mais il prend une tout autre dimension au Vietnam. Voici quelques repères concrets sur les dépenses mensuelles courantes :

  • Logement : 100 à 200 euros pour un studio en périphérie de Hanoï ou Hô Chi Minh-Ville, 50 à 100 euros en province
  • Alimentation : 80 à 150 euros pour une personne, selon que l’on cuisine à domicile ou mange au restaurant local
  • Transport : 10 à 30 euros par mois en moto-taxi ou bus urbains
  • Santé : soins de base peu coûteux dans le public, mais coûts plus élevés dans les hôpitaux internationaux
  • Loisirs : un repas de rue coûte entre 1 et 2 euros, une bière locale environ 0,80 euro
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Avec 6 millions de VND (environ 240 euros), un célibataire peut vivre correctement en province, se loger, se nourrir et économiser un peu. En revanche, une famille avec enfants scolarisés en ville aura besoin d’au moins 15 millions de VND (600 euros) pour couvrir les frais de base et anticiper les imprévus. Le salaire moyen vietnamien, replacé dans ce contexte, permet un niveau de vie modeste mais stable pour une partie importante de la population.

Salaires par secteur et par métier au Vietnam

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La moyenne nationale perd rapidement son sens dès que l’on entre dans le détail des métiers. Entre un développeur web, un ouvrier textile et un serveur de restaurant, les écarts sont considérables. Comprendre les salaires par secteur permet de situer son profil professionnel dans la réalité économique vietnamienne et d’anticiper les perspectives d’évolution.

Quels sont les secteurs les mieux payés au Vietnam actuellement ?

Les métiers du numérique figurent en tête des rémunérations. Un développeur junior gagne entre 10 et 15 millions de VND (400 à 600 euros), tandis qu’un profil senior ou spécialisé en intelligence artificielle peut atteindre 30 à 50 millions de VND (1 200 à 2 000 euros), voire davantage dans les grandes entreprises technologiques.

L’ingénierie (mécanique, électronique, génie civil) offre également des salaires attractifs, surtout pour les profils expérimentés travaillant pour des groupes étrangers ou des projets d’infrastructure. Un ingénieur confirmé peut espérer 20 à 35 millions de VND (800 à 1 400 euros).

Dans la finance et la comptabilité, les grandes banques, cabinets d’audit internationaux et multinationales paient des cadres entre 18 et 40 millions de VND selon l’expérience et les certifications (CPA, CFA). Le secteur pharmaceutique et médical, en pleine expansion, recrute des pharmaciens et médecins spécialisés à des niveaux similaires.

Ces secteurs bénéficient de la rareté relative des profils qualifiés et de l’implantation croissante d’entreprises étrangères qui alignent partiellement leurs grilles salariales sur des standards régionaux asiatiques compétitifs.

Salaires dans l’industrie, le textile, la restauration et le tourisme

À l’opposé du spectre, les secteurs à forte main-d’œuvre peu qualifiée affichent des salaires proches du minimum légal. Dans le textile et la confection, piliers historiques de l’économie vietnamienne, un ouvrier gagne souvent entre 4 et 6 millions de VND (160 à 240 euros), malgré des journées longues et des cadences soutenues.

La restauration et l’hôtellerie en zone urbaine standard proposent des salaires similaires, entre 5 et 8 millions de VND pour les serveurs, cuisiniers et personnel d’entretien. Dans les zones touristiques balnéaires (Nha Trang, Da Nang, Phu Quoc), les pourboires et commissions peuvent significativement améliorer les revenus, surtout en haute saison.

L’industrie manufacturière (électronique, assemblage, agroalimentaire) offre des salaires légèrement supérieurs au minimum, autour de 6 à 10 millions de VND, avec possibilité de primes de productivité et d’heures supplémentaires rémunérées. Ces secteurs emploient des millions de Vietnamiens, mais les perspectives d’évolution salariale restent limitées sans montée en compétences.

Combien gagnent les expatriés et travailleurs étrangers au Vietnam en moyenne ?

Les expatriés détachés par leur entreprise d’origine bénéficient souvent d’un package global comprenant salaire, logement, assurance internationale, billets d’avion annuels et scolarité des enfants. Le salaire net peut varier de 2 500 à 8 000 euros par mois selon le niveau de responsabilité et le secteur (finance, ingénierie, management).

Les professeurs de langues étrangères (anglais principalement) recrutés localement touchent entre 20 et 30 millions de VND (800 à 1 200 euros) pour un temps plein, avec variations selon l’établissement (école publique, centre de langues privé, école internationale).

Les freelances et travailleurs indépendants (rédacteurs, designers, consultants) établis au Vietnam avec des revenus en euros ou dollars bénéficient d’un pouvoir d’achat très confortable. Un freelance gagnant 1 500 euros par mois peut vivre largement et épargner, surtout en dehors des quartiers expatriés les plus chers.

Toutefois, les expatriés recrutés localement sans package détaché gagnent souvent 15 à 30 millions de VND (600 à 1 200 euros), des montants certes supérieurs au salaire moyen local, mais qui imposent une gestion budgétaire rigoureuse, notamment si les enfants sont scolarisés en école internationale (frais annuels de 8 000 à 20 000 euros).

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Salaire moyen vietnamien, pouvoir d’achat et qualité de vie

Le montant inscrit sur une fiche de paie ne dit rien de la qualité de vie réelle qu’il procure. Entre un Vietnamien vivant avec sa famille élargie et partageant les charges, et un expatrié célibataire louant un appartement dans un quartier prisé, le même salaire produit des réalités quotidiennes radicalement différentes. Cette partie connecte les chiffres au vécu concret.

Vivre avec un salaire local vietnamien : quel niveau de confort espérer ?

Un salarié vietnamien touchant 7 millions de VND (280 euros) par mois à Hanoï peut vivre de manière simple mais stable. En général, il partage un appartement ou vit en périphérie pour limiter le loyer à 2 ou 3 millions de VND. Il se nourrit principalement dans les petits restaurants de rue (com binh dan) et cuisines familiales, pour un budget alimentaire de 1,5 à 2 millions. Le transport en moto-taxi ou en bus représente environ 500 000 VND.

Il reste alors 1 à 2 millions pour les loisirs, imprévus et éventuellement un peu d’épargne. Toutefois, cette épargne reste fragile : une maladie, une panne de moto ou un événement familial peuvent rapidement déséquilibrer le budget. Beaucoup de familles complètent leurs revenus par un petit commerce (vente de nourriture à domicile, e-commerce), des heures supplémentaires ou un soutien des proches restés en province.

Pour une famille avec enfants, il faut au minimum 12 à 15 millions de VND pour couvrir les frais scolaires, les soins de santé de base et maintenir un niveau de vie décent. L’accès à la propriété reste difficile sans épargne importante ou aide familiale, et la plupart des jeunes actifs louent ou vivent chez leurs parents.

Salaires au Vietnam et pouvoir d’achat des expatriés payés en euros ou dollars

Un expatrié touchant 2 000 euros par mois en devise étrangère bénéficie d’un pouvoir d’achat très élevé au Vietnam. Avec ce montant, il peut louer un appartement de standing dans le centre de Hô Chi Minh-Ville (600 à 800 euros), manger au restaurant plusieurs fois par semaine, sortir régulièrement et voyager dans la région.

Toutefois, ce confort s’érode rapidement si l’on adopte un mode de vie occidentalisé : logements haut de gamme (1 000 à 1 500 euros), produits importés, écoles internationales pour les enfants. Une famille expatriée avec deux enfants en école internationale aura besoin de 4 000 à 5 000 euros par mois pour maintenir un niveau de vie comparable à celui d’une grande ville européenne.

Les digital nomads et freelances qui gagnent entre 1 500 et 2 500 euros trouvent souvent au Vietnam un excellent rapport qualité de vie/coût. En choisissant des quartiers locaux, en mangeant vietnamien et en limitant les achats de produits étrangers, ils vivent confortablement tout en épargnant une partie significative de leurs revenus.

Comment l’inflation et la croissance économique influencent les salaires réels ?

Le Vietnam affiche une croissance économique soutenue, autour de 6 à 7 % par an, portée par l’industrie manufacturière, les services et les investissements étrangers directs. Cette dynamique favorise la création d’emplois et tire les salaires à la hausse, surtout dans les secteurs en tension (IT, ingénierie, services financiers).

Toutefois, l’inflation, qui oscille entre 3 et 4 % annuels, érode le pouvoir d’achat des salaires fixes. Les secteurs à faible qualification peinent à voir leurs revenus augmenter au même rythme que les prix de l’alimentation, du logement ou de l’énergie. Le gouvernement ajuste périodiquement le salaire minimum régional, mais ces hausses ne compensent pas toujours l’inflation ressentie, notamment dans les grandes villes.

Pour les expatriés payés en devises étrangères, la stabilité relative du dong vietnamien face à l’euro ou au dollar limite les risques de change, mais les hausses de loyers dans les quartiers prisés peuvent surprendre. La montée de la classe moyenne vietnamienne pousse aussi certains prix à la hausse (restaurants, loisirs, services), réduisant progressivement l’avantage du faible coût de la vie.

Négocier, comparer et projeter son salaire au Vietnam

Savoir ce que gagnent les autres ne suffit pas : il faut évaluer ce dont vous avez besoin et ce que vous pouvez légitimement demander. Entre sous-évaluation et prétentions irréalistes, la marge est étroite. Cette dernière partie vous donne les clés pour situer votre profil, préparer une négociation et sécuriser vos conditions salariales avant de vous engager.

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Comment estimer un salaire cohérent pour un poste donné au Vietnam ?

Commencez par consulter les offres d’emploi locales sur les plateformes comme VietnamWorks, CareerLink ou LinkedIn. Comparez plusieurs annonces pour le même type de poste, secteur et niveau d’expérience. Notez les fourchettes affichées, souvent en VND, et convertissez-les pour mieux vous situer.

Rejoignez des groupes Facebook d’expatriés ou des forums spécialisés (expat.com, internations.org) pour échanger avec des professionnels du même secteur. Les retours d’expérience y sont souvent francs et permettent de détecter les employeurs généreux, les packages attractifs et les pièges à éviter.

N’oubliez pas d’intégrer les avantages annexes dans votre évaluation : logement fourni ou subventionné, assurance santé internationale, prime de transport, 13e mois, bonus annuel. Un salaire de 1 500 euros avec logement et assurance pris en charge équivaut souvent à 2 500 euros nets sans avantages.

Salaire brut, salaire net et fiscalité : ce qu’il faut vérifier avant de signer

Au Vietnam, les cotisations sociales obligatoires (assurance santé, retraite, chômage) représentent environ 10,5 % du salaire brut pour l’employé, et environ 21,5 % pour l’employeur. Ces montants sont plafonnés et dépendent de la base salariale déclarée.

L’impôt sur le revenu est progressif, avec des taux allant de 5 % à 35 % selon les tranches. Pour un salarié étranger résident fiscal (plus de 183 jours par an au Vietnam), l’imposition s’applique sur les revenus mondiaux, tandis que les non-résidents sont imposés à un taux fixe de 20 % sur les revenus de source vietnamienne.

Avant de signer un contrat, demandez une simulation de fiche de paie pour voir le montant net réel que vous toucherez chaque mois. Vérifiez aussi si votre employeur propose une assurance santé privée complète, car le système public, bien qu’en progrès, ne couvre pas toujours les standards de soins attendus par les étrangers.

Faut-il viser le salaire moyen local ou négocier au-dessus du marché ?

Si vous êtes un profil rare ou spécialisé (développeur blockchain, expert en cybersécurité, ingénieur senior dans une technologie de pointe), vous pouvez légitimement viser le haut de la fourchette, voire au-dessus du salaire moyen vietnamien. Les entreprises locales en croissance et les multinationales sont prêtes à payer pour attirer et retenir les talents.

Pour les expatriés en mission courte (6 mois à 2 ans), un salaire supérieur au marché local est souvent justifié par la mobilité, l’expertise transférée et les risques liés à l’expatriation. N’hésitez pas à négocier un package incluant logement, billets d’avion et prime de déménagement.

En revanche, si vous vous installez à long terme et cherchez à vous intégrer dans l’économie locale, un salaire trop élevé peut créer un décalage avec vos collègues et compliquer votre insertion professionnelle. L’essentiel est de raisonner en budget global nécessaire : combien vous coûtent réellement votre logement, votre alimentation, vos loisirs et votre épargne souhaitée ? Partez de ce montant pour fixer votre prétention salariale, en tenant compte des avantages annexes et de la fiscalité applicable.

Le salaire moyen au Vietnam ne se résume pas à un chiffre unique : il varie fortement selon le secteur, la région, le niveau de qualification et le statut de l’employé. Entre les 4,7 millions de VND d’un ouvrier textile en province et les 50 millions d’un cadre expatrié dans la tech à Hô Chi Minh-Ville, l’écart est immense. Pourtant, ramené au coût de la vie local, un salaire modeste peut offrir un quotidien stable, tandis qu’un revenu élevé peut fondre rapidement dans un mode de vie occidentalisé. Pour bien évaluer votre projet au Vietnam, croisez toujours le montant du salaire avec vos besoins réels, les avantages annexes et les perspectives d’évolution du secteur. Ainsi armé, vous pourrez négocier sereinement et construire une expatriation ou une carrière locale à la fois viable et épanouissante.

Éloïse Carpentier-Maugis

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